La rage fait rage

Le médecin vétérinaire, Dr Florent Fotsing, donne des chiffres effroyables sur le nombre de victimes par an dans le monde. Il met en garde et  suggère de mieux connaitre la maladie pour mieux la vaincre.

La rage est la zoonose la plus grave et la plus redoutée au monde. C’est une maladie mortelle dans 100% des cas qui sévit surtout dans les communautés mal desservies qui ont un accès limité au système de santé et à la médecine vétérinaire. Chaque année, on dénombre près de 55 000 décès dus à la rage, soit 151 décès par jour en moyenne ou un décès toutes les 10 minutes. La rage menace près de 3,3 milliards de personnes en Asie et en Afrique, et le chien en est le vecteur dans 99% des cas. La rage est une maladie infectieuse dont l’éradication est pourtant possible grâce à la vaccination, mais, reste pour beaucoup de pays un fléau. L’OMS estime à plus de 15 millions le nombre de personnes vaccinées chaque année suite à une morsure. La vaccination, même si elle n’est pas encore suffisamment accessible à tous (coûteuse), aurait déjà permis d’éviter des centaines de milliers de décès.

La rage est une maladie d’origine virale, mortelle (sauf cas exceptionnels). Le virus rabique (du genre Lyssavirus est présent dans la salive de l’animal infecté, généralement un chien (ou une chauve-souris). Ce virus est très majoritairement transmis à l’Homme par morsure de l’animal enragé. La transmission du virus peut également se faire par griffure ou léchage d’une peau lésée.  En revanche, la contamination d’Homme à Homme (transplantation, transmission materno-fœtale) est possible mais extrêmement rare. Tandis que la rage continue de sévir dans beaucoup de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud, etc., en France, il n’y a pas eu de nouveaux cas depuis 2001 mais elle fait toujours l’objet d’une surveillance. Quelques rares cas de rage animale peuvent être rapportés, concernant majoritairement les chauves-souris ou les animaux importés illégalement.

Au Cameroun, la rage est une réalité au regard des statistiques suivantes : entre 2008 et 2010, 06 cas de décès ont été signalés à Garoua (Ngangnou, 2011) ; en 2013, 137 cas de morsure par des chiens ont causés la mort à 19 personnes (Fotso, 2013). Selon une étude menée par le Docteur Vétérinaire Fomo Ntoukam Lion Maxime en 2015 sur la situation épidémiologique de la rage dans cinq départements de la région de l’Ouest Cameroun au cours de la période de 2010 à 2014, les résultats font état de ce que, sur 51 114 carnivores domestiques enregistrés, seulement 7 708 carnivores domestiques sont vaccinés ; on note1402cas de morsures animales pour seulement 434 personnes traitées après morsure ; on note également 12 cas de rage animale notifiés et 03 cas de rage humaine notifiés. Au regard de cette étude menée par le Docteur Vétérinaire FOMO, et en considérant cette étude comme base d’échantillon, nous constatons que seul 15% des chiens enregistrés sont vaccinés. La quasi-totalité des cas mortels de rage chez l’homme (99 %) est la conséquence d’une morsure de chien infecté, il reste d’autant plus nécessaire d’intensifier les campagnes de sensibilisation d’une nécessité de vaccination régulière des animaux domestiques et d’éviter de les laisser en divagation.

La lutte contre la rage

Une approche de lutte contre la rage repose sur : « la garde responsable des animaux domestique ». Cette approchequi se veutglobale et durable vise à sensibiliser chaque propriétaire d’animaux domestique sur la nécessité d’assurer la santé et le bien-être de son/ses animaux, ce qui contribuera à assurer le bien-être de la communauté dans laquelle il vit. Elle se traduit notamment par une bonne alimentation, des soins vétérinaires élémentaires et des vaccinations contre certaines maladies comme la rage.

« Lorsque que chaque propriétaire prend ses responsabilités et répond aux besoins fondamentaux de ses animaux en tenant compte de sa réalité locale et de ses propres besoins, le nombre de cas de rage pourra diminuer considérablement et le bien-être des animaux de même que la sécurité des habitants se trouvera amélioré. De tels résultats ont été déjà visibles dans les projets menés au Mexique, en Afrique du Sud et à Bali. »La vaccinationanimale (renards et animaux de compagnie) est la stratégie la plus efficace et la moins couteuse contre la rage.

Chez l’Homme, les vaccins antirabiques en prévention d’une exposition sont recommandés chez les personnes susceptibles d’être exposés au virus, généralement du fait de leur activité professionnelle (personnels de laboratoire, vétérinaires, gardes forestiers, etc.) ou personnelle (contact avec des chauves-souris ou autres animaux susceptibles d’être infectés). Les voyageurs se rendant dans des zones où la rage est présente (et où l’accès à la prophylaxie post exposition est limitée) sont aussi concernés par cette mesure.

Fotsing Fomella Florent, Vétérinaire

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