S.M. Djantou Mirabelle : Madame riz !

La Cheffe traditionnelle du quartier 13 de Tonga excelle dans la production de la céréale.

Elle n’a d’yeux que pour le business. Elle y en a consacré toute ou partie sa vie. Une startup se développe depuis son champ de riz. Avec ces graines, elle a à cœur de créer une grande entreprise. Une entreprise qui générera encore plus d’emplois directs et indirects. En attendant de trouver son label, elle cultive la céréale dans le respect des règles. Dans son magasin de stockage, les sacs de « riz paddy » sont superposés les uns sur les autres. Elle les dépulpe progressivement pour en obtenir un produit fini, prêt à la consommation. Fixée sur les données de l’Institut national de la statistique (INS), elle est consciente du fait que la demande nationale de riz dépasse 300 000 tonnes. Le Cameroun produit à peine 100 000 tonnes par an. Les exploitations rizicoles de Tonga sont à 200 tonnes par an. Pour combler le gap, il faut importer la céréale. Son combat de tous les jours, « limiter l’importation de riz et promouvoir le made in Cameroon ».

Le pouvoir ! Appelez-la « Sa Majesté ». L’élection a été rude en 2010. Elle l’a remportée haut la main. Elle est devenue cheffe du quartier 13 de Tonga. Elle, une femme partie de nulle part. Il faut le faire. Rompue à la tâche. Sa vie ne lui appartient plus. Entre résolution de litiges, réunions avec les autorités administratives, elle est efficace dans son couloir. Une mère, elle a plusieurs têtes à nourrir. Tous les jours, c’est la course contre la montre. Ce n’est pas l’énergie qui manque.

Au champ

Une visite s’impose. Bienvenue dans les marécages de Bandounga, à 16 km de Tonga, département du Ndé, régon de l’Ouest-Cameroun. C’est ici, l’exploitation du riz dit irrigué. La « boss » est là. Les ouvriers se rangent. Chacun est à son poste de travail. On l’appelle la « lionne ». Elle fait le tour du propriétaire. Critique, là où le travail est bâclé. Hochement de la tête là où la tâche est bien exécutée. Le terrain où elle mettra la semence en terre, présente fière allure. « On fini là là ». L’argent est disponible. Les 10 ouvriers doivent passer à la caisse. Cet exercice va continuer jusqu’ la fin de la campagne agricole.

Alain Ndanga

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